Des Oblats avec les gens, dans la zone de guerreDes Oblats avec les gens, dans la zone de guerre
16 Mars 2017 - Ukraine

(Le P. Pawel WYSZKOWSKI, Supérieur de la Délégation d'Ukraine, s'est rendu récemment dans la zone de guerre de ce pays, avec le scolastique, F. Andryi HAVLICH. Voici son compte-rendu d'une crise en cours qui est négligée par la plupart des médias.)


Depuis trois ans, l’Ukraine connaît la guerre à l’Est. Certains l’appellent simplement un conflit, les médias à l’Ouest ont cessé d’en faire mention, mais la réalité touche profondément notre Délégation en Ukraine et en Russie, où 31 Oblats travaillent en 18 paroisses, disséminées à travers le pays. C’est un gros souci pour nous, même si ces maisons ne se trouvent pas directement dans les régions déchirées par la guerre avec la Russie.

Comme missionnaires nous ne pouvons pas ignorer ce qui affecte si profondément et si durement les gens de notre pays, et leurs familles, les gens de nos paroisses, dont certains sont des réfugiés des zones des combats.


La maison oblate la plus proche du front est la communauté de Poltava dans le diocèse de Kharkiv – Zaporizhzhia. Bien que la zone des combats soit à 200 kilomètres, les Oblats peuvent entendre les hélicoptères militaires, transportant des douzaines de blessés vers des hôpitaux surchargés.

Tout récemment, avec le scolastique Andryi Havlich, qui fait partie du «Christian Rescue Service», nous sommes allés au front pour aider les soldats et les civils. Comme il était impossible d’utiliser la voiture sur les routes bombardées, nous sommes arrivés à destination par le train.

Nous n’avons pu emporter que les objets personnels: la soutane, l’huile pour l’onction des malades, le Saint Sacrement, des bandages, et un gilet pare-balle. Le reste nous a été envoyé par la poste. Nous avions des paquets avec des articles pour la population civile: ustensiles de tous les jours, médicaments, nourriture, vêtements, couvertures, détergents. Un véhicule du «Christian Rescue Service» nous a rencontrés à la gare et nous a amenés à notre poste de travail, un endroit qui se trouve sur la ligne de front, souvent sous une pluie de feu.

Pendant notre semaine sur place, nous sommes allés en divers lieux, nous n’avons dormi qu’une nuit dans un lit, souvent nous avons dormi sur le plancher, ou par terre, sous une tente «comme à la guerre». Question de ministère, nous avons beaucoup parlé, écouté les confessions, donné le sacrement des malades aux blessés et aux mourants; nous avons célébré l’eucharistie, sous des abris, des tentes, dans les corridors des hôpitaux, au grenier, et quand le temps était beau, simplement en plein air.

Ces deux dernières années, les gens ont beaucoup souffert; pendant plus de six mois, il n’y avait ni électricité ni chauffage. Les salaires n’ont pas été payés pendant une année; ils vivaient au jour le jour, et sur leurs lèvres on n’entend qu’une chose: «qu’enfin cette guerre se termine!» Certains sont tombés malades à cause du choc de la guerre, d’autres ont perdu leur maison, d’autres sont tombés dans le désespoir qui mène à l’alcoolisme, d’autres vivent dans l’espoir et anticipent des temps meilleurs.

Les bénévoles de «Christian Rescue Service» et de «Christian School of Life and Evangelization» rendent généralement service à des gens simples et bons. Les bénévoles sont de jeunes gens qui ont donné leur temps, leur cœur et leur courage pour montrer, par l’exemple de leur propre vie, que les victimes de la guerre sont très importants pour Dieu et que Dieu ne les abandonnera jamais.


Ils aident les enfants qui grandissent sous les explosions et les balles des fusils. Beaucoup de ces enfants ont passé plus d’une nuit dans les caves, avec des explosions qui éclairent la nuit et la rendent aussi claire que le jour. Quand ils entendent les détonations, les enfants commencent à trembler, mais quand le matin se lève, ils ont le courage de quitter leur cachette et d’aller au jardin d’enfants ou à l’école.

Les bénévoles vivent dans une vraie pauvreté et mènent une vie très modeste. Tout ce qu’ils reçoivent des bienfaiteurs est donné aux pauvres. Nous y allons non seulement pour augmenter l’aide humanitaire pour les gens qui attendent ou pour les soldats, mais pour leur apporter la Croix; assez souvent nous vivons des rencontres émouvantes qui nous impressionnent même après des dizaines d’années de confessions; et le plus émouvant, ce fut la joie dans les yeux d’un homme que Dieu a rejoint, au milieu de ces circonstances et de ces conditions tragiques.

Beaucoup de gens plus âgés qui ont vécu des dizaines d’années de communisme, au temps des Soviets, ne sont pas baptisés et n’ont jamais été à l’église. Mais quand une aide spirituelle leur est offerte, leur bien-être émotionnel est plus grand, ils se sentent rassurés, leur stress diminue, ils sont en paix y compris quand ils sont confrontés à l’horreur et à la mort.

Selon l’unité des Nations Unies, l’ensemble des morts dûment répertoriés, dans la guerre du Donbass qui a démarré le 6 avril 2014, est évalué à 9800.


commentaires

Il n´y a aucun commentaire
   

36e Chapitre Général 2016
36e Chapitre Général 2016
Oblate Triennium
Oblate Triennium
Vocations OMI
Vocations OMI
Oblatio
Oblatio
Aix-en-Provence
Aix-en-Provence
Autres sites oblats
Autres sites oblats
Newsletter