Des fleurs dans le désert – Ministère des VocationsDes fleurs dans le désert – Ministère des Vocations
20 Juillet 2017 - Sahara

Après douze ans de service comme Conseiller général pour l’Europe, le P. Chicho ROIS est parti rejoindre la petite communauté oblate dans le désert du Sahara. Il nous dit sa façon de voir le ministère des vocations, dans un lieu qui ne compte qu’une poignée de chrétiens.

Quand vous pénétrez pour la première fois en profondeur dans le désert, cette immensité où toute vie est absente vous impressionne. A première vue, il semble n’y avoir aucune végétation, pas d’animaux… rien. Mais petit à petit, en y regardant de plus près, la beauté du désert s’ouvre à vous: une chaîne de dunes, remodelée continuellement par les coups incessants du vent, des insectes, quelques petits rats, des lézards qui jouent à cache-cache, et si vous avez de la chance, vous verrez peut-être l’oiseau mythique du désert.

Les chameaux en troupeau se guident par leur odorat pour découvrir de l’eau, là où les autres ne voient que du sable, ou bien ils marchent des journées entières vers l’endroit qu’ils connaissent et qui recevra les premières gouttes de pluie. Les chameliers qui les suivent sont ainsi appelés fils du vent. Avec ces premières gouttes de pluie, le miracle se produit: le désert se met à fleurir… Il y avait évidemment de la vie, mais nous ne savions pas observer suffisamment en profondeur. Il y avait ces semences qui ont attendu des jours,des mois et peut-être des années pour fleurir. Et il y a des personnes, capables de vivre cette beauté, de savoir faire confiance, d’attendre et d’aimer en des situations extrêmes, et qui chantent quand le désert fleurit.


Ces images me viennent à l’esprit quand je pense au ministère des vocations dans notre mission au Sahara. Une mission parmi des gens qui se savent musulmans à 100 %. Les quelques chrétiens qui s’y trouvent, y resteront – excepté les trois Missionnaires Oblats – une ou deux années, cinq au plus, en fonction de leur travail ou de leurs affaires. On ne peut pas espérer des conversions, parce que le «prosélytisme» est interdit par la loi. C’est une mission où la vie cachée de Nazareth devient réelle, au point d’entrer en dialogue avec l’humanité souffrante.


Peut-il y avoir des vocations au Sahara? Les fleurs peuvent-elles fleurir au désert? Alors que nous échangions sur cette question en communauté, nous étions tous d’accord sur notre façon d’être utiles au ministère des vocations dans la Congrégation. Nous le faisons avant tout par notre prière persévérante pour les vocations, que nous disons tous les jours dans notre communauté, une prière pour que le Seigneur envoie des vocations et qu’il aide ceux qui sentent cet appel, pour qu’ils progressent dans leur réponse, en particulier ceux qui sont en formation première. C’est une prière dont nous sommes sûrs que Dieu l’entendra, même si la plupart du temps nous célébrons l’Eucharistie sans présence de fidèles, alors que retentit l’appel à la prière du haut du minaret. Nous sommes si heureux chaque fois que nous entendons qu’il y a de nouvelles vocations en d’autres missions, à propos de nos novices et scolastiques à travers le monde. Nous nous sentons une portion de cette famille.

A la prière s’ajoute notre façon de vivre notre vie ordinaire, notre oblation, en humilité et pauvreté. Cette vie de communauté oblate est un témoignage d’une communauté chrétienne pour nos frères et sœurs musulmans; en elle-même elle est une mission. Mais pourquoi ne pas rêver que le Seigneur envoie des vocations pour découvrir son appel ici, au Sahara? Pourquoi ne pas rêver? Pourquoi mettre des limites à la grâce de Dieu?

Peut-être sommes-nous appelés à être comme ces hommes du désert qui savent comment attendre, durant des semaines, des mois, des années, la pluie du ciel, afin de voir naître une fleur. Oui, laissons pleuvoir en d’autres lieux, afin que beaucoup de vocations, comme fleurs, puissent naître, mais dans l’espoir qu’un jour le miracle se fasse. Comme eux, nous sommes appelés à aimer, à espérer, à avoir confiance.

Vivant l’essence de notre charisme, témoignant des béatitudes en communauté, nous participons au rêve de Dieu pour l’humanité et nous nous sentons comme membres d’une famille qui est pleine de vie, parce qu’elle sait comment être missionnaire dans les lieux les plus oubliés de notre Terre.

(Article dont l’original a été publié dans le Bulletin de la Province OMI du Brésil: Nossas Noticias, juillet-août 2017)


commentaires

Il n´y a aucun commentaire
   

36e Chapitre Général 2016
36e Chapitre Général 2016
Oblate Triennium
Oblate Triennium
Vocations OMI
Vocations OMI
Oblatio
Oblatio
Aix-en-Provence
Aix-en-Provence
Autres sites oblats
Autres sites oblats
Newsletter